La triste esthétique
Fabio Merlini
Que reste-t-il de la grande ère du design du siècle dernier, où l’innovation, l’esthétique et le projet se sont virtuellement alliés pour donner corps au rêve d’une émancipation soucieuse d’améliorer les conditions de vie des individus et de la société dans son ensemble? Pourquoi aujourd’hui, tout comme on parle d’une dismal science, faisant référence à la science économique, il nous est aussi possible de parler d’une esthétique triste? Nous sommes témoins de processus qui ont fait exploser cette alliance vertueuse-là pour plier la forme des choses qui meublent notre monde au simple calcul économique, et où l’innovation semble encore limitée à la seule sphère technologique. Que cache-t-il, d’une part, et que vise-t-il, par exemple, le design raffiné de nos outils de communication actuels ou les étonnantes architectures, si glamour, de nos villes?