Quelle transition pour quel développement ?
Cette contribution est fondée sur l’idée qu’une réflexion sur la transition ne peut faire l’impasse sur les conflits entre les conceptions du monde tel qu’il est et tel qu’il est à faire. Elle veut contribuer à situer la réflexion du séminaire dans le débat sur la question des modèles de développement. Depuis son émergence après WWII, la pensée du développement a été dominée par le paradigme de la modernisation, pensé théoriquement comme un modèle universel de progrès. L’idée de développement a d’abord été associée au transfert du concept de croissance économique vers les pays dits en développement pour les aider à lutter contre le sous-développement et la pauvreté de masse. Plus tard, elle deviendra progressivement liée aux tentatives de rendre compatibles croissance et environnement, au nom de la recherche du développement durable. Mais d’autres approches ont émergé au cours des récentes décennies, qui remettent ce paradigme en question plus ou moins radicalement. Elles contribuent à renouveler la problématique urbaine et celle des rapports villes-campagnes, notamment en proposant d’autres visions de l’articulation des dimensions temporelles et spatiales, fondées sur la prise en considération des stratégies d’acteurs et de leurs rapports dans la production du territoire. La confrontation de ces visions du monde permet de dessiner le cadre général d’une économie politique du développement qui réinterprète les enjeux de l’évolution de l’urbain et du rural et de leurs rapports dans les Suds aussi bien que dans les Nords.