Le sol comme agent actif de la transition

Transition Workshop 2020 | Équipe 1: Maureen Certain, Alizée Bonnel, Pascal Michel et Marine Villaret.

Le sol comme agent actif de la transition

La nature pédologique et biologique du sol le rend un agent actif, même dans les conditions urbaines dans lesquelles il a été considéré jusque-là comme un support neutre pour la construction. En premier, grâce à ses capacités de décarbonations, qui doivent être comptabilisées dans un bilan global carbone de la ville. Le sol est aussi agent de protection des couches inférieures, de rafraichissement, d’infiltration, de phytoremédiation et de biodiversité.

En considérant le sol dans le processus de projet, on peut transformer les cercles vicieux du changement climatique en cercles vertueux d’adaptation aux phénomènes extrêmes et de leur stabilisation.

Le rapport au sol des territoires urbains est aujourd’hui très pauvre : minéralisation, imperméabilisation, pollution. La perspective d’une ville decarbonnée en 2050 demande une totale transformation de cette condition, avec un engagement de processus inverses : désimperméabilisation, augmentation de la couverture végétale, et dépollution dans les épaisseurs vivantes du sol.

Dans le cas des Marronniers, un laboratoire pilote peut s’engager dans ce sens. Utiliser l’eau pour dépolluer, augmenter la biodiversité, créer des écosystèmes locaux et connecter le quartier avec des couloirs naturels rafraîchissants.

Pour cela, il faut une adaptation et une évolution :

  • Des outils légaux actuels,
  • Des outils de conception des architectes/urbanistes/paysagistes,
  • Des normes constructives,
  • Des outils d’évaluation des projets et réalisation.

Il faut enfin remettre le sol au centre du système de l’action politique, de la sensibilité sociale et de l’expertise techno-scientifique.

A droite: Alizée Bonnel et Pascal Michel, Marine Villaret et Maureen Certain (en ligne) avec Michèle Tranda-Pittion et Panos Mantziaras.

Équipe

  • Alizée BONNEL
    Architecte, Studio Vulkan Zurich
    Je travaille pour l’agence Studio Vulkan où je suis cheffe de projet. D’origine française, j’ai commencé mes études d’architecture en France à l‘EAVT de Marne-la-Vallée. Mon double master franco-allemand m’a ensuite amenée à Karlsruhe et Strasbourg. Je suis architecte diplômée avec pour spécialité l’urbanisme et le paysage de la grande échelle. Mes études et expériences professionnelles, encore aujourd’hui, m’ont toujours amenée à aborder cette transdisciplinarité, ce qui m’est essentiel.
  • Maureen CERTAIN
    Architecte, doctorante, ENSA Toulouse
    Jeune architecte fraîchement diplômée de l’ENSA Toulouse où j’ai pu faire l’ensemble de mon master à l’exception d’une année d’échange avec le Collège d’Urbanisme de UIC Chicago. Je me suis engagée cette année dans un cursus doctoral articulé sur un triptyque Eau, Patrimoine et Territoire à Jaipur et co-dirigé par CEPT Ahmedabad.
  • Pascal MICHEL
    Architecte urbaniste, direction du développement urbain, office de l’urbanisme, état de Genève
    Urbaniste pour l’État de Genève depuis une dizaine d’années, j’ai jusqu’à présent principalement œuvré à l’échelle des quartiers, que ce soit dans leur conception ou dans l’évolution des outils réglementaires et des processus de travail régissant leur mise en œuvre. Face aux enjeux de notre temps, j’aspire aujourd’hui à une pratique plus intégrée, mêlant les échelles territoriales, le vivant et les systèmes d’acteurs, autant de dimensions approchées durant mes formations initiales en sociologie politique et en aménagement du territoire.
  • Marine VILLARET
    Architecte-urbaniste, doctorante EPFL
    Architecte EPFL qui, dès sa formation, s’est orientée vers l’urbanisme du paysage et l’interdisciplinarité avec l’écologie, notamment au cours d’une année d’échange en Suède où elle a pu suivre le programme de master Architecture and Planning Beyond Sustainability. Elle a travaillé au sein de l’Atelier Descombes Rampini sur des projets de planification territoriale et de revitalisation de rivière, ainsi que pour le laboratoire d’Urbanisme de l’EPFL dirigé par P. Viganò sur la recherche « agriculture métropolitaine » menée par E. Cogato-Lanza. Elle mène aujourd’hui une thèse doctorale sur le dessin de ‘réseaux socio-écologiques’, un projet du vivant permettant d’acquérir de nouvelles compétences urbanistiques issues des sciences environnementales et qui participe à la transition écologique.