Zones critiques | Transition Seeds 2026

02 April 2026, 17:30 - 19:00   —  
The Eco-Century Project®
— Conferences

Le littoral comme espace de tension et de résilience: repenser les frontières entre terre et mer.

Crues, ruissellements et montée du niveau des mers transforment profondément nos manières d’habiter. Avec le changement climatique, la gestion de l’eau s’impose comme un enjeu majeur pour l’aménagement des territoires, révélant la fragilité de zones critiques où interagissent dynamiques naturelles et activités humaines.
Les deux projets présentés lors de cette conférence explorent cette question dans des contextes différents. Le premier se situe sur la Côte Vermeille et propose la mise en place d’une gestion intégrée de l’eau, renouant les continuités aujourd’hui rompues du littoral. Le second se déroule aux Pays-Bas, à Rotterdam, et imagine un habitat d’urgence réversible capable d’accueillir les habitants lors des crues.
Entre Méditerranée et mer du Nord, ces deux recherches interrogent une même question: comment apprendre à vivre avec l’eau plutôt que contre elle?

 

Conférencières:

 

  • Eulalie VIDÉ, architecte HMONP, ENSA Versailles

Rotterdam, la ville-port face aux crues
Vivre avec les inondations, une nouvelle phase d’adaptation des néerlandais

Les Pays-Bas, situés à l’embouchure de l’Eurodelta et dont près de la moitié du territoire se trouve sous le niveau de la mer, sont particulièrement vulnérables face au changement climatique et à l’intensification des crues fluviales. Les nombreuses protections existantes, digues, barrages et systèmes de pompage, pourraient devenir insuffisantes d’ici 2050. Comment continuer à habiter un territoire appelé à être partiellement submergé? À Rotterdam, le projet cherche une solution pour accueillir les réfugiés climatique déplacés lors des crues, tout en recréant le lien entre la ville et son port, construit en surélévation. Il propose ainsi une nouvelle manière d’habiter les territoires deltaïques, en apprenant à vivre avec l’eau plutôt que contre elle.

 

  • Joud OLLEIK et Léa LE, architectes DE, ENSA Paris-Belleville

Zone critique, entre vignes, rivière et mer
Récit d’un territoire modelé par l’eau sur la côte Vermeille

Le projet propose une relecture élargie du littoral méditerranéen, en considérant l’ensemble du bassin versant comme un continuum écologique. Sur la Côte Vermeille, les versants viticoles, les petits fleuves côtiers et les milieux marins forment un système interdépendant, structuré par la circulation de l’eau. Crues, ruissellements, rejets urbains ou écoulements agricoles lient amont et aval, milieux naturels et activités humaines. Cette interdépendance impose de dépasser l’opposition entre espaces exploités et milieux protégés. Le projet envisage le littoral comme une zone critique, où pratiques agricoles, usages urbains, préservation écologique et gestion des risques peuvent cohabiter, à condition de renouer les continuités entre flux d’eau, formes du paysage et logiques d’usage. L’objectif consiste à mettre en place une gestion intégrée de l’eau en s’appuyant sur les structures existantes: stations d’épuration, agouilles, terrasses agricoles, friches viticoles. Les eaux traitées sont redirigées vers les terrasses cultivées grâce à la gravité, tandis que les eaux pluviales sont captées au plus près de leur point de chute par des ouvrages sobres. La vallée du Baillaury constitue un site démonstratif. Le projet y développe une succession de bassins multifonctionnels capables de ralentir les crues, filtrer les eaux, recharger les nappes et accueillir des usages publics et agricoles. Ce dispositif devient une épaisseur active du territoire. À toutes les échelles, l’eau est pensée non comme une ressource à maîtriser, mais comme un fil conducteur. Elle permet de reconnecter des milieux disjoints, de revaloriser des espaces oubliés et de faire émerger de nouvelles formes d’habiter les lisières. Mettre en projet l’eau, c’est proposer un territoire qui n’efface pas le risque, mais le transforme en levier d’adaptation et de réinvention collective.

 

Répondante:

  • Sabine Chardonnet, enseignante-chercheuse, ENSA Paris-Malaquais

 

Inscriptions:

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