Le littoral comme espace de tension et de résilience: repenser les frontières entre terre et mer.
Conférencières:
- Eulalie VIDÉ, architecte HMONP, ENSA Versailles
Rotterdam, la ville-port face aux crues
Vivre avec les inondations, une nouvelle phase d’adaptation des néerlandais
- Joud OLLEIK et Léa LE, architectes DE, ENSA Paris-Belleville
Zone critique, entre vignes, rivière et mer
Récit d’un territoire modelé par l’eau sur la côte Vermeille
Le projet propose une relecture élargie du littoral méditerranéen, en considérant l’ensemble du bassin versant comme un continuum écologique. Sur la Côte Vermeille, les versants viticoles, les petits fleuves côtiers et les milieux marins forment un système interdépendant, structuré par la circulation de l’eau. Crues, ruissellements, rejets urbains ou écoulements agricoles lient amont et aval, milieux naturels et activités humaines. Cette interdépendance impose de dépasser l’opposition entre espaces exploités et milieux protégés. Le projet envisage le littoral comme une zone critique, où pratiques agricoles, usages urbains, préservation écologique et gestion des risques peuvent cohabiter, à condition de renouer les continuités entre flux d’eau, formes du paysage et logiques d’usage. L’objectif consiste à mettre en place une gestion intégrée de l’eau en s’appuyant sur les structures existantes: stations d’épuration, agouilles, terrasses agricoles, friches viticoles. Les eaux traitées sont redirigées vers les terrasses cultivées grâce à la gravité, tandis que les eaux pluviales sont captées au plus près de leur point de chute par des ouvrages sobres. La vallée du Baillaury constitue un site démonstratif. Le projet y développe une succession de bassins multifonctionnels capables de ralentir les crues, filtrer les eaux, recharger les nappes et accueillir des usages publics et agricoles. Ce dispositif devient une épaisseur active du territoire. À toutes les échelles, l’eau est pensée non comme une ressource à maîtriser, mais comme un fil conducteur. Elle permet de reconnecter des milieux disjoints, de revaloriser des espaces oubliés et de faire émerger de nouvelles formes d’habiter les lisières. Mettre en projet l’eau, c’est proposer un territoire qui n’efface pas le risque, mais le transforme en levier d’adaptation et de réinvention collective.
Répondante:
- Sabine Chardonnet, enseignante-chercheuse, ENSA Paris-Malaquais
Inscriptions: