Formes d’adaptation | Transition Seeds 2026

21 May 2026, 17:30 - 19:00

FORMES D’ADAPTATION

Formes d’adaptation interroge notre capacité à concevoir des espaces qui n’imposent pas une forme ou un récit figé, mais qui accompagnent des transformations, humaines, territoriales et écologiques. 

Habiter les transitions signifie concevoir une architecture capable d’accompagner des moments de bascule. Les deux projets abordent des transitions différentes mais complémentaires : l’un s’intéresse à la transformation de notre rapport à la mort et au deuil, l’autre aux mutations des territoires face aux crises écologiques et climatiques et politiques. 

À des échelles différentes, ils questionnent tous deux la manière dont les individus et les communautés traversent des processus longs, incertains et sensibles. 

Dans ces projets, les temporalités mouvantes renvoient à des temps multiples qui se superposent. Le projet des résidences territoriales permet une réflexion sur la mémoire des territoires et la projection vers des futurs possibles, tandis que l’humusarium s’inscrit dans le temps du deuil, de la transformation du corps et de la régénération d’un territoire pollué. 

 

Conférencier·ère.s

  • Héloïse CULLERON, École Supérieure d’Art et de Design, ESDAC Rennes

– Humusation, une nouvelle approche de la mort – Héloïse Culleron 

Ce projet interroge les pratiques funéraires contemporaines face aux enjeux sociétaux, écologiques et culturels. Aujourd’hui, les rites funéraires traditionnels ne répondent plus aux attentes d’une population majoritairement athée et génèrent des impacts environnementaux significatifs. Dans ce contexte émerge l’humusation, une alternative funéraire entièrement écologique qui transforme le corps des défunts en humus. Cette initiative propose ainsi la création du premier Humusarium en France, implanté sur le site de la filature Levavasseur, au cœur de la vallée de la Seine.

Ancienne friche industrielle, ce lieu devient le support d’un nouveau parcours funéraire, à la fois sensible et régénératif. L’architecture accompagne les familles à travers des pompes funèbres d’un nouveau genre, offrant des espaces adaptés aux nouvelles formes de recueillement. Le parcours se prolonge vers un espace extérieur dédié à l’humusation, puis vers une forêt du souvenir.

À long terme, l’Humusarium a pour ambition de contribuer à la régénération des sols pollués de la vallée industrielle de la Seine grâce à la plantation de milliers d’arbres. Cette approche propose ainsi de réinventer le rapport à la mort en le reconnectant au cycle du vivant et à la nature.

Aquarelle, “La serre et son espace de germination” ©Héloïse Culleron
Aquarelle, “Début de mise en humusation” ©héloïse Culleron
 

 

COLLECTIF OTOPO :

  • Siméon NAYDENOV, Architecte, Urbaniste, Doctorant en urbanisme au laboratoire PACTE – Université Grenoble Alpes
  • Nathan DELMAS, Architecte – Urbaniste, École Nationale Supérieure D’architecture De Grenoble, ENSAG – Institut d’urbanisme et de géographie alpine, IUGA.

     

 

– Col d’Ornon en 2050 – une résidence territoriale – otopo (Simeon Naydenov et Nathan Delmas) 

En février 2025, le collectif Otopo, composé de jeunes urbanistes, architectes et politistes, a mené une résidence territoriale de dix jours au col d’Ornon, dans les Alpes. Ce projet, autofinancé par des habitants et les membres du collectif, visait à imaginer des scénarios de transition socio-écologique pour deux vallées fragilisées par le changement climatique et divisées par des logiques administratives opposées. Dix praticiens ont arpenté le terrain, rencontré une vingtaine d’acteurs locaux et analysé les enjeux à travers des « figures territoriales », révélant tensions, ressources et aspirations.

Trois scénarios prospectifs, volontairement provocateurs, ont été élaborés afin de stimuler le débat sur l’avenir du territoire. Une soirée de restitution a rassemblé une quarantaine de participants, créant un dialogue entre les deux vallées, jusqu’alors inédit sur ces sujets de prospective. Cette initiative a permis de produire un diagnostic partagé, d’ouvrir des imaginaires collectifs et de renforcer les liens entre communautés, malgré l’absence de cadre institutionnel unifié.

Cette expérience confirme la pertinence des résidences territoriales pour co-construire des futurs désirables, tout en soulevant la question de leur viabilité économique. Le collectif Otopo milite désormais pour une reconnaissance institutionnelle de ces pratiques, considérées comme essentielles pour penser les transitions à l’échelle locale.

Arpentage et enquête des vallées – ©otopo
Cartographie sensible des valées – ©otopo

 

Répondant

  • Marc Armengaud, architecte-urbaniste, enseignant, ENSA Paris-Malaquais, cofondateur de l’agence AWP

 

INSCRIPTIONS

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Braillard Compass@Brussels Homo Faber | Excursions