Le 27 janvier 2019, la revue médicale «The Lancet» publie un rapport sur la «syndémie mondiale d’obésité, de dénutrition et de changement climatique». Il met en évidence que système alimentaire globalisé, politiques agricoles, modes de transport et urbanisation sont «les différents maillons d’une même chaîne, qui étrangle l’humanité – et la planète» (AFP 28 janvier 2019).

Si l’agriculture industrielle est au cœur de ce régime pernicieux, des pratiques alternatives constituent à l’inverse de véritables niches qui peuvent contribuer à le transformer. Parmi elles, l’agroécologie offre des perspectives qui vont bien au-delà de la production de nourriture. Science et pratique qui prend soin du milieu, elle est aussi un mouvement, un projet de société. Cette approche fonde de nombreuses initiatives aussi bien citoyennes que publiques dans les métropoles où, sur fond d’imaginaire de la ville nourricière, l’agriculture retrouve une présence et une visibilité qu’elle a progressivement perdues au cours des 150 dernières années.

Néanmoins, malgré leur dynamisme et les perspectives de soutenabilité qu’elles offrent, ces nouvelles agricultures sont confrontées à des paradoxes et des blocages socio-techniques qui les fragilisent et ralentissent leur déploiement.

Cette situation soulève de nombreuses questions:

De fait au quotidien, hybridant choix radicaux et bricolage avec les normes, les paysans urbains inventent de nouvelles géographies qui prennent corps dans le paysage. Il s’agira d’interroger les modalités de leur description, et la pertinence de les penser en termes de projet.